L’histoire derrière l’illustration :
La première fois que j’ai goûté du sobacha, c’était à Brest. Il provenait d’une petite boutique dans laquelle ma maman et moi nous étions réfugiées alors qu’une tempête nous avait prises de cours. Nous avions discuté avec cette petite dame qui nous avait vanté les mérites du sobacha que nous ne connaissions pas. Transies par le froid et l’humidité, nous sommes rentrées et j’ai décidé de faire infuser ces graines torréfiées. Ce fut un mélange de gourmandise et d’accalmie. Comme ci, on me posait un pansement sur le cœur. Il y a au Japon une tradition qui est un art décoratif et spirituel nommé le Kintsugi. Celui-ci consiste à réparer les objets, tout en les sublimant avec de la poudre d’or. La technique vise à souligner les fissures en les rendant esthétiques, au lieu de les masquer. Symbole de renouveau, le Kintsugi est issu du Wabi-Sabi, un concept qui voit la beauté dans la simplicité et l’imperfection. Lorsque que j’ai bu cette infusion pour la première fois, j’ai eu cette sensation à l’intérieur de moi, comme si mon cœur tout froid venait d’être réparé. C’est pour cela que j’ai voulu souligner ce souvenir avec ce dessin.






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